Vous êtes ici

L’œuvre de Scriabine : un parcours initiatique.

Alexandre Scriabine, compositeur et pianiste virtuose russe, est sans nul doute une des personnalités les plus énigmatiques de la période s’étendant de la fin du XIXe au début du XXe. Son attachement à la philosophie, mais aussi ses accointances avec les loges de théosophie et le mysticisme qui transparaît dans son importante correspondance ont parfois, si pas occulté, minimisé l'apport considérable de ce compositeur dans le domaine de la modernité de la pensée musicale au tournant du siècle.
Si, incontestablement, les différentes facettes non musicales de cette personnalité hors du commun méritent qu’on s’y attarde, il est tout aussi important de vérifier s’il existe une éventuelle relation entre cette dimension philosophique et mystique et le langage musical lui-même.
Le cours-conférence proposé ici tentera de mettre cette relation en lumière.
Nous verrons comment, alors que les œuvres de jeunesse sont marquées par la musique tonale et plus particulièrement par l’influence de Chopin, le langage de Scriabine se transforme progressivement pour aboutir, dans ses dernières œuvres, à une musique que nous qualifierions volontiers de non-tonale – non-tonale et non atonale car nous sommes loin de la démarche de Schoenberg qui, lui, renonce délibérément à la tonalité.
Ce parcours de la tonalité à la non-tonalité se réalise en particulier à travers la syntaxe harmonique. Et c’est précisément par le biais de cette dimension syntaxique que les rapports à la philosophie et au mysticisme sont les plus lisibles. Il n’est du reste pas étonnant de voir que l’accord auquel Scriabine arrive au terme de son travail de recherche ait été baptisé accord mystique.
C’est par le regard analytique porté sur quelques-unes des courtes pièces qui jalonnent la production de ce singulier compositeur que Jean-Marie Rens et Pascal Sigrist tenteront de montrer cette relation entre mysticisme et langage musical – langage musical qui nous amènera à parler non seulement de l’harmonie, mais aussi du rythme ainsi que de la dimension formelle et de l’ésotérisme que Scriabine affectionne tout particulièrement. Le cours-conférence se terminera par une brève analyse de la 7e sonate pour piano avant de l’écouter dans son intégralité sous les doigts de Pascal Sigrist.

Analyse : Jean-Marie Rens et Pascal Sigrist
Piano : Pascal Sigrist

Commentaires recents

Aucun commentaire disponible.